Dis-moi où tu as mal, je te dirais ce que tu vis…

Dis moi ou tu as mal...

Dis-moi où tu as mal, je te dirais ce que tu vis…

Dis-moi où tu as mal, je te dirais…

Aussi étrange que cela puisse paraître, le corps exprime les maux de l’esprit. Chaque fois qu’on ne se sent pas bien pour différentes raisons, que ce soit au travail, dans son couple ou tout simplement dans sa peau, cela finira par se manifester sur le plan corporel. En effet, le corps exprime toujours le mal-être qui nous préoccupe. Il a pour rôle de nous le faire savoir, de nous montrer qu’il est important de changer la situation avant que ce ne soit la situation qui nous change complètement et que le mal se convertisse en maladie.

Ce n’est pas un point de vue, ni une supposition de ce qui touche au corps et qui est en lien avec l’esprit. Il suffit de bien observer nos vies, de regarder ce qui s’y passe lorsque nous souffrons de tels ou tels maux.

Lorsque j’étais plus jeune, j’ai connu une personne qui était aide-médico-psychologique dans un centre pour enfants handicapés physiques. Elle m’a raconté que deux jeunes filles du même âge souffraient d’un cancer des os. Bien sûr, nous n’avions pas fait de relation avec le vécu de ces deux jeunes filles et leur maladie avant qu’un médecin cancérologue avec lequel nous avions eu une réunion nous parlât de ce lien.

En étudiant les deux cas, elle a appris que l’une et l’autre avaient eu un passé franchement difficile. L’une d’elles avait souffert des années durant d’attouchement sexuel de la part de son beau-père. Quant à l’autre, elle avait découvert les corps de ses parents morts, en rentrant de l’école, alors que le père venait de tuer son épouse avant de se donner la mort.

Les traumatismes violents qu’avaient subis ces deux jeunes filles avaient eu pour conséquences des maladies graves ; le cancer des os.

On peut se demander pourquoi le corps réagit aussi fortement, et pourquoi il fait tant souffrir. La réalité, c’est que le corps et l’esprit ont souffert d’un traumatisme qui n’a pas été compris, guéri et soulagé. La souffrance du traumatisme continue de se propager dans le corps.

Si l’on regarde de plus près ces deux cas, on remarquera que le squelette représente la structure de l’être. Les fondations sont atteintes par le cancer et la structure en est fragilisée au point de ne plus pouvoir répondre à sa fonction première ; porter l’individu et le maintenir debout vaillant et fort.

Les expériences douloureuses que l’une et l’autre ont souffertes déstabilisent profondément. On constate que la structure familiale a été affectée, puis détruite. C’est exactement ce que le corps manifeste, une destruction complète de la structure. Je ne sais dire si c’est inéluctable, si le vécu est la conséquence du mal dont ces jeunes filles souffrent. Mais ce dont je suis sûr, c’est que le lien existe bien, et qu’il est vérifiable presque toutes les fois que le corps manifeste qu’il a mal.

Quand le corps crie !

Le corps nous parle. Il nous manifeste ce qu’il ressent, en nous faisant éprouver des sensations précises. Il ne sait mentir, il ne connait aucun autre langage que celui de la vérité conforme à son état. De ce fait, si vous êtes malade, il vous le fera savoir au plus vite, si vous avez mangé quelque chose qui ne convient pas à votre organisme, il vous obligera à le vomir, sinon, il vous fera sentir des lourdeurs, des relents, etc.

Le corps n’exprime pas uniquement la douleur, il manifeste aussi les émotions. En fait, c’est un vrai moulin à parole. Il ne cesse, en permanence, de vous faire part de ce qu’il vit. Si vous veniez à ressentir de la peur pour quelque chose, votre corps sera peut-être le premier à le manifester, même si vous faites à peu près tout pour que ça ne se remarque pas. Vos jambes pourront trembler, votre bouche s’assécher et vos mains devenir légèrement moites…

En fait, le corps n’obéit pas à la même logique que l’esprit. Il est instinctif et, à moins qu’il ait reçu une véritable éducation de l’esprit, il sursautera chaque fois qu’un bruit se fera entendre, il éprouvera de la douleur plus fortement et plus longtemps si vous ne parvenez pas à vous calmer et à identifier le mal, il vous semblera que vous le perdez, toutes les fois que quelque chose vous aura fait peur d’une manière puissante.

Je me souviens d’un voyage que j’avais entrepris en direction des USA, au moment où l’avion s’apprêta à toucher le sol, il reprit en puissance pour à nouveau prendre de l’altitude. Il y avait tellement de vent, que l’avion semblait ne pas pouvoir se redresser. Il n’arrêtait pas de s’élever et de redescendre sans vraiment se stabiliser. Nous étions tous très apeurés. Je suis à peu près certain que ma peau avait pâli. Le Stewart qui se trouvait assis en face de moi, bien qu’il fût attaché, se tenait contre les parois de l’avion. Je le voyais devenir blême, et je comprenais que cet incident pouvait être fatal. La panique s’empara de presque tout le monde dans l’avion. La personne qui se tenait à mes côtés était une vieille dame. Je me souviens l’avoir regardé dans les yeux, et je me souviens avoir vu de la résignation. Je crois que j’étais résigné et que mon corps devait fabriquer une sorte de drogue, car je me sentais sortir hors de lui. J’avais l’impression que la mort préparait son éventuel chemin.

Même si j’essayais une dernière fois de me convaincre que l’incident n’allait pas être fatal, en commençant des exercices respiratoires, mon corps, lui, se contentait de mettre tout en œuvre pour réagir à l’éventualité. Finalement, quand l’avion réussit à reprendre de l’altitude, c’est-à-dire une bonne demi-heure après, le commandant de bord nous annonça que le vent était trop fort, et qu’elle avait reçu l’ordre de ne pas se poser sur cette piste, car elle s’avérait trop petite pour l’atterrissage.

Cela ne nous rassurait pas du tout, car il nous fallait tout de même atterrir à un moment ou à un autre, et nous avions tous très peur. Une fois à terre, je n’arrêtais pas de trembler, mes jambes flageolaient dans tous les sens. Je dus attendre plus d’une heure pour retrouver la sérénité.

Corps et esprit unis pour la même cause !

Bien que nous soyons forts dans l’art et la manière de cacher nos sentiments pour ne pas faire de remarques désobligeantes et parce que nous avons appris à nous tenir bien, le corps, lui, a besoin d’être mis au parfum pour arriver à cacher ce qu’il ressent.

Maintenant, si vous êtes quelqu’un qui travaille à bien maîtriser son corps, à bien dissimuler ces émotions et à s’endurcir, vous arriverez forcément à lier le corps et l’esprit dans ce fonctionnement.

Toutefois, il est un endroit où le corps et l’esprit restent liés, même au-delà de la maîtrise qu’il veut exercer sur les émotions ; c’est la survie.

En effet, le corps et l’esprit sont unis dans ce même projet de nous maintenir en vie et de nous permettre le plus longtemps possible de rester vivants. Quand un danger est bien réel, le corps réagit pour tirer le signal d’alarme et l’esprit se conjugue au corps pour agir d’une manière ou d’une autre, pourvu qu’on s’écarte du danger.

Cette synergie se fait spontanément, sans qu’on ait besoin d’y réfléchir. C’est une fonction instinctive que la maturité et l’expérience enrichiront avec le temps pour permettre au corps et à l’esprit de toujours mieux se tirer d’affaire.

Je sais par exemple que chaque fois que je m’apprête à traverser la route, spontanément, je regarde à droite et à gauche, cela même, lorsque le passage piéton est vert. C’est devenu un réflexe, parce que l’esprit sait que c’est dangereux et que le corps obéit à l’esprit spontanément quand il s’agit de le protéger.

En fait, notre corps est instinctif, et c’est par cette faculté innée qu’il a de réagir qu’il développe les sens. C’est là que notre esprit intervient. Les sens, que sont l’ouïe, l’odorat, le goût, la vue et le toucher, s’aiguisent au fur et à mesure des  expériences que nous faisons humainement. Ainsi, l’esprit se forme à leurs nuances et aux sensations qu’ils génèrent.

Je me souviens qu’étant plus petit, je me promenais avec ma mère et je courrais constamment devant elle. Bien que je fusse sur le trottoir et que je savais que je ne devais pas traverser sans regarder, il m’arrivait encore parfois de ne pas faire attention. Un jour, alors que j’allais traverser à cause de l’élan qu’entrainait ma course, ma mère s’est mise à crier de toutes ses forces en me sommant de stopper net, ce que je fis avant même de poser un pied sur la route. Fort heureusement, car une voiture me passa sous le nez, sans même ralentir. Si je n’avais pas entendu l’avertissement, je me serais fait renverser. L’expérience a été si marquante, que depuis, j’ai en moi ce réflexe instinctif qui me fait m’arrêter et regarder à droite et à gauche avant de traverser. 

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