Comment on se débrouille avec le manque d’estime de soi…

estime de soi

 

L’une de ses grandes caractéristiques est de croire qu’il est partagé. Si je me vois ainsi, les autres doivent me voir pareil. Bien entendu, c’est faux, mais comment le faire comprendre ? Lorsqu’au fond de vous, vous ne vous sentez pas estimable, tout ce qui vient d’autrui est alors interprété dans ce sens. La boulangère ne vous sourit pas et hop ! c’est parce que votre tête ne lui revient pas. L’idée ne vous viendrait pas que la dame est fatiguée ou a des soucis. Non, c’est forcément vous qui êtes en cause. Si, ailleurs, vous tombez sur une boulangère souriante, vous n’hésiterez pas à y retourner même s’il vous faut faire 1 km de plus.

Pratiquement tous ceux qui ne s’aiment pas, trouvent des solutions pour se préserver. Malheureusement, celles-ci engendrent d’autres problèmes et sont loin d’être la panacée. Finalement ce sont de très mauvaises solutions.

Appliquez-vous une de ces mauvaises solutions ?

1. La fuite

L’idée d’être observé coupe tous vos moyens. Par exemple, vous voulez vous garer et 3 voitures attendent derrière. Si vous loupez votre créneau, tout le monde va vous prendre (pensez-vous) pour un incapable… La honte ! La peur d’être jugé vous perturbe et fatalement vous vous engagez mal. Pris en flagrant délit d’incompétence, il ne vous reste (à votre avis) qu’une solution, partir de là. Et vous perdez 20 minutes à tourner pour trouver une autre place.

Lorsqu’elle est très forte, la peur d’être jugé mène à se replier sur soi-même. Petit dialogue intérieur de quelqu’un se croyant limité : “Les gens ne doivent pas constater mes limites. Je dois donc me taire (ou ne rien faire)… Mais si on me questionne et que je réponds à côté ? Si je me plante dans une tâche ? Mieux vaut ne pas m’exposer à ce risque.” Et c’est ainsi qu’on restreint son champ de rencontres et d’activités.

2. Le béni-oui-oui

Ceux qui ont absolument besoin de contact trouvent des systèmes. Par peur de décevoir, ils évitent toute réflexion personnelle. Quoi qu’on leur dise, ils abondent dans le sens de leur interlocuteur.

En n’émettant pas d’avis propre, ils évitent toute confrontation. L’ennui, c’est que si on les trouve accommodants, leur manque d’opinion les rend peu intéressants. Et on finit par les délaisser.

Jean-Jacques, lui, est très sollicité, mais pas comme il le souhaiterait : “Je n’arrive pas à m’affirmer, se plaint-il. Du coup, personne ne se préoccupe de moi et cela me conforte dans l’idée qu’on ne m’aime pas. Tout juste suis-je bon à rendre service sur service… parce qu’évidemment je n’ose pas dire non. Je sens bien qu’on m’appelle seulement pour me demander de l’aide. Je suis la bonne poire, c’est tout.”

Si la perspective d’oser exprimer vos pensées, réfuter, refuser, critiquer, vous fait frémir, c’est que vous n’êtes pas en bons termes avec vous-même.

3. L’agressivité

Difficile pour ceux qui ne s’aiment pas d’établir des relations saines avec les autres. La susceptibilité est énorme, un rien vient malmener l’ego. Fabienne se débat sans cesse avec le sien. Dites-lui : “Tu étais mieux avec les cheveux longs” et elle se lancera dans une diatribe sur votre manque de goût et votre incompétence quant à la mode. Remarquez qu’elle a un petit bouton sur la joue et elle vous fusillera des yeux… Même chose pour ses compétences. Mieux vaut ne pas lui donner un conseil. Elle répliquera sèchement qu’elle n’en a pas besoin, qu’elle sait ce qu’elle a à faire et vous débitera à tort et à travers un chapelet de critiques.

Quant à sa demande affective, elle était telle que son mari, las de devoir à tous moments lui donner des preuves d’amour, et se faire incendier, a fini par la quitter. Ce qui a renforcé son manque de confiance en elle et ses attitudes agressives.

 4. Tout sur le paraître

Certains comportements décrits dans le chapitre précédent tiennent à un peu d’estime de soi. Lorsqu’on ne s’aime pas, on peut chercher à se valoriser à travers ce que l’on possède. “Je suis petit mais pour compenser, j’ai une grosse voiture. Je me juge insignifiante alors je porte des vêtements de style, très coûteux.” Les achats compulsifs sont souvent révélateurs d’une image de soi défaillante. Les médias savent flatter l’ego des consommateurs. Stimulés par eux, on se fabrique une estime de soi à coups d’artifices.

L’engouement actuel pour la chirurgie esthétique montre bien que chez les femmes, mais désormais aussi chez les hommes, l’apparence compte énormément. Beaucoup de femmes déclarent que leur lifting les a sauvées de la déprime. En vieillissant, elles ne s’aimaient plus. À notre époque, il faut une sacrée bonne dose de contentement intérieur pour résister aux appels de la jeunesse retrouvée.

Mais vous avez pu lire à quel point ces satisfactions artificielles sont transitoires et où elles vous mènent. Même les liftings ne durent qu’un temps… et il faut recommencer sous peine de ne plus pouvoir se supporter.

5. La personnalité d’emprunt

Vous ne vous aimez pas, vous ne voyez que vos points faibles, c’est insupportable. La solution : vous vous efforcez d’être un autre. Vous imitez un personnage que vous admirez. Ou bien vous vous conformez à ce que vous supposez que les autres attendent de vous. Le tout étant de ne pas vous dévoiler.

Mais quand on vous observe bien, quelque chose ne colle pas. Ce peut être un choix vestimentaire ne correspondant pas du tout avec le reste de votre personne. Ce peut être une voix un peu trop haute perchée indiquant un manque de sûreté dans l’expression verbale.

Vous pouvez aussi, n’osant pas parler, vous lancer brusquement dans un discours, coupant la parole aux autres. Ils vous croient impoli, alors que vouliez leur montrer que vous êtes à l’aise. Bref, vous êtes, comme disent les “psys”, en “faux self” (faux soi). Et si vous vous analysez bien, vous aurez le sentiment d’être à côté de vous.

“Derrière ce problème de ne pas être soi-même, écrit Dale Carnegie , se cache des complexes, peut-être même une névrose.”. En tout cas, c’est très inconfortable.

6. Maman bobo

Certains vont jusqu’à la maladie pour qu’enfin on les prenne en considération. Qui ne garde un souvenir émouvant de son enfance, ou couché avec une rougeole, maman vous chouchoutait, vous entourant de tendresse et de mots doux.

Adultes, ils essaient inconsciemment la même technique, espérant attirer une attention et une affection qui les rassureront sur eux-mêmes. Ils souffrent de nombreuses maladies psychosomatiques, consultent des tas de médecins en espérant trouver un réconfort moral (mon médecin lui au moins me considère comme une personne intéressante).

Hélas ! le système ne fonctionne qu’un temps. Et on risque, à force de somatiser, de dégrader véritablement son organisme.

7. Le déni

Il existe un tout autre moyen de se débrouiller avec une estime de soi défaillante : ne pas la reconnaître. Je ne m’aime pas moi ? Allons donc, je m’adore. Je suis quelqu’un de très valable.

Des problèmes ? Non tout va bien.

En réalité rien ne va. C’est la politique de l’autruche qui fait partie de ce que les “psys” nomment des “mécanismes de défense”. Mécanismes évitant la confrontation avec la réalité et les remises en question trop douloureuses.

À l’entendre, Etienne, serait le plus solide, le plus génial, le plus fantastique des hommes. Raconte-t-il un souvenir, il fabule et enjolive son rôle de manière à passer pour un héros. Ses projets sont grandioses et il saura vous démontrer par A plus B que les réaliser est pour lui un jeu d’enfant. Il fait tout pour qu’on l’admire, fanfaronne sur sa force, son courage, ses capacités. Ses échecs sont toujours mis sur le compte d’autrui. Il accuse, ment si bien qu’on le croit.

Tout ceci pour la façade. Mais derrière se cache un Etienne angoissé, timide, complexé, ne sachant pas prendre des décisions. N’allez surtout pas le mettre en face de son manque d’estime de lui. Un simple mot mettant en doute ce qu’il raconte et il pique une colère phénoménale. Se voir tel qu’il est lui serait insupportable.

Ceux qui le connaissent mal peuvent se laisser prendre à ses fabulations et même penser qu’il a un ego surdimensionné. Mais il ne faut pas s’y tromper. Le genre “moi je sais tout, je peux tout” dissimule souvent une image de soi tellement dévalorisée que la laisser apparaître équivaudrait presque à un suicide.

L’ennui est que ce mécanisme de défense ne permettant pas de regarder les choses en face, plonge celui qui l’utilise dans une grande détresse. Il se débat entre 2 personnalités : celle à laquelle il veut croire et qu’il veut montrer, et celle qui au fond de lui ne cesse de le tarauder. Refusant d’admettre cette dernière, il ne peut plus avoir d’effet sur elle. Comment agir sur un phénomène qu’on s’obstine à ne pas reconnaître ?

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